Certains diront que ça commence mal, « on ne dit pas je veux, on dit j’aimerai… » (et on ne met pas les doigts dans son nez… beurk beurk !)

Et bien MERDE ! J’ai une pression toute personnelle à écrire sur ce grand sujet : l’Education (vous avez 4h : intro – thèse – antithèse – synthèse – conclusion… non en fait ça ne sera pas une dissertation… parce que j’en ai trop bavé avec « l’auteur a voulu dire que… » avec ces études de Lettres faites parce que je lis beaucoup et que je suis nulle en maths). Bref, je ne sais plus quand j’ai décidé qu’il fallait que ça cesse. Enfin aujourd’hui et maintenant, de manière impérieuse.

Je me sens un peu plus libre (légère peut-être serait plus approprié) depuis que les enfants ne sont plus au quotidien avec moi, avec nous. Et pourtant un goût amer, ou plutôt une boule au ventre ne m’a pas quittée depuis dimanche matin, hall de la Gare du Nord à Paris, 9h32. Non pas parce que je les ai laissé, on fait ça depuis longtemps, les vacances chez les papy-mamies. Mais parce que je les ai laissés avec de la colère. La mienne. Celle que je dirige contre moi-même et qui prend corps vis à vis d’eux. Celle que j’ai contre mon éducation que j’essaye pourtant de reproduire.

Parce que c’est comme ça.

Mais en fait NON ! J’en ai marre. En tant que mère – femme, j’en ai ras le bol de lutter.

Si l’éducation c’est le fait de permettre à l’enfant d’affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue (source : Wwikipedia), alors je peux dire que je réussis en partie seulement. Il y a une faille avec « affronter sa vie personnelle ». Parce que je n’affronte pas vraiment la mienne, parce que je ne les autorise pas beaucoup à être eux-mêmes. Parce que je ne le suis pas moi-même.

L’incident de la Gare du Nord n’en est pas un. Il est une succession de « il faut – il ne faut pas » que j’ai moi-même vécus, et que je fais vivre et transmets à mes enfants.
Mon aîné a fait tomber sa montre qu’il tenait à la main. Il ne l’a retrouvée que parce qu’un voyageur est passé à côté de lui et lui a ramassé. Finalement, tout est bien qui finit bien. Sauf que « on ne tient pas sa montre à la main », précédé de… « on se lave maintenant les dents… les mains… parce que c’est comme ça… oui on prend sa douche une fois par jour… on range sa chambre… on ne regarde pas les écrans plus de quelques minutes par jour (voire pas du tout ce serait parfait… mais qui a décidé… pourquoi ?)… »

Du coup on s’est quitté un peu fâché « parce que je te l’avais bien dit » avec un pré-ado (mais quelle étiquette nulle je viens de lui coller jusque parce qu’il m’a dit que lui il voulait la tenir à la main….) en face de moi à qui j’aurai aimé dire : Au-revoir, Je t’Aime, Amuses-toi Bien, A très Vite !

Et tout ça à cause de cette putain de liste à la Prévert :

  • IL FAUT : se laver tous les jours ; se brosser les dents 3 min et 2 fois par jour minimum ; dire bonjour, aurevoir, merci ; être sage ; être gentille ; bien s’occuper de sa soeur ; bien apprendre à l’école ; ranger sa chambre…
  • IL NE FAUT PAS : regarder la télé, ça rend bête ; manger trop de bonbons (à cause des caries, parce que c’est trop gras, trop sucré, ça énerve… blablabla…) ; crier ; courir ; jouer aux jeux vidéos ; jurer et/ou dire des gros mots…

Et si ma vraie éducation ce n’était pas simplement profiter, être curieux, aimer, partager… vivre bien ?

Je me dis que leur éducation serait bonne et juste et réussie pour moi si j’en faisais des Hommes libres, respectueux des autres et de leur environnement et pleinement amoureux d’eux-mêmes. Finalement c’est assez simple, non ?

Et bien non, c’est compliqué… parce qu’il y a toujours quelqu’un qui te ramène à ce que tu ne fais pas comme il faut. Et je ne sais plus comment tout  a commencé… enfin si ! Dès la naissance de mon 1er pirate, avec les « c’est comme ça que tu dois faire, c’est comme ça que j’aurais fait… » mais en vrai le tout début, l’origine de tous ces maux vient de ma propre enfance, de ma propre éducation listée d’injonctions.

Je me sens étriquée dans mon costume d’adulte, femme mère pas à ma taille. Moi je voudrais leur apprendre à voler de leurs propres ailes, à rire à gorge déployée, à courir pieds nus dans l’herbe, à nager… à assumer de faire ce qu’on bon leur semble, parce que là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir (simple proverbe français… enfin pas si simple !).

Oups en fait je le veux pour moi avant tout alors comme le dit un autre proverbe français… il n’est jamais trop tard !!

MERDE

J’AI ENVIE D’UNE GLACE (un gros pot rien que pour moi)

ET PEUT ETRE DE REGARDER LA TELE

VOIRE MÊME DE NE RIEN FAIRE DU TOUT DU TOUT

Et puis Zut !

Ras le bol des Injonctions !

Oui pour des Actions,

qui nous rendent Canons !

Merci pour vos partages 🙂
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