Dis comme ça, ça sonne creux, ou trop plein… constat amer, triste et je vous entends dire « mais non, arrête !!! Pourquoi tu dis ça ??!!! »

Et bien je dis ça parce que c’est vrai ! Ce matin, impossible de m’asseoir sur ma confortable chaise de bureau, dans mon bel espace avec vue imprenable sur la campagne environnante. J’ai assisté au lever du jour puis à un flamboyant lever de soleil en Beaujolais vert. Puis je me suis préparée, j’ai déjeuné avec mes deux pirates que le vent qui a soufflé toute la nuit a rendu bavard, nous sommes partis à l’école puis j’ai fait mes 10 min de méditation, transition que je m’offre entre mon matin et ma journée pro. Et depuis j’ai des fourmis dans les jambes.

Alors je suis allée ouvrir le bureau – faire couler le café – démarrer l’ordi – détartrer la bouilloire – poster du courrier – passer à la banque.

Bref, je me suis dit ça y est c’est bon ! Et bien non !
Assise derrière mon PC… rien… ici, là, maintenant avec personne autour de moi, je me dis que je ne sers à rien. Et bien oui car moi, là où j’excelle, c’est quand je suis debout, que je parle avec les uns et les autres, que je tisse une toile entre eux, que je les connecte, avec moi au milieu.

Mais là, vide sidéral, intergalactique… que je veux remplir… alors je clique – je rafraîchis mes boîtes mails – je check un énième message… mais cela ne sert à rien.

Et si j’accueillais ce rien ? C’est lui qui va me nourrir finalement ! Ne pas répondre, mais réagir. Accueillir cet état. Faire une pause pour toutes les autres fois où ça va trop vite. Accueillir, ne pas remplir. S’arrêter. Errer…

… puis trouver enfin de quoi s’animer en conscience… et les fourmis s’empareront alors de mon stylo plume pour le laisser filer tout seul à vive allure avant que je tape ces mots pour les partager avec vous.

Voilà, c’est tout. Ca va mieux. Je suis là. C’est tout.

PS : cadeau pour ce moment de rien, une belle interprétation de Noir Désir par Sophie Hunger.

Merci pour vos partages 🙂
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