Ce soir, vers 21h, je remontais du Beaujolais rouge en direction de mon Beaujolais Vert. La nuit était tombée depuis peu. C’était sombre mais pas nuit noire. Peu à l’aise dans la conduite de nuit, j’ai tendance à prendre mon temps. Je roule entre 50 et 70.
Et là, au détour d’un court virage, sur la voie de gauche, posée sur la route et sous les branches d’un bel arbre que je n’ai pas reconnu, tranquille, figée comme dans un rêve ou sur les photos d’une banque d’images, une chouette.

Elle est restée là quelques secondes qui m’ont paru une éternité. Elle m’a regardée. Elle était de profil, sa tête tournée vers moi.

Oui ! Toi, là !
Ne te dérobe pas !

Toi aussi déploies tes ailes.
Vole.
Envole toi.

J’ai compris qu’il était temps pour moi d’accéder à ce dont tu rêves. Tu l’as rêvé. Vis le.
Je ne sais pas trop de quoi je rêve mais cette rencontre m’a semblé être une injonction.

© Nono Ampuy

Cette Chouette Guillemette que j’ai imaginée, rêvée, imagée (grâce à la talentueuse illustratrice Nono).

Que veut-elle réellement me dire ?

Quand elle s’est envolée, après ces quelques secondes qui m’ont paru une éternité, je me suis demandée où elle m’emmenait, que voulait-elle me montrer ?

Quand vous vous livrez à moi, vous me dites souvent que grâce à notre échange (par téléphone, ou plus souvent autour d’un café/thé accompagné d’une gourmandise), vous y voyiez plus clair.

Mais moi, comment pourrais-je faire pour y voir plus clair ? Comment être sûre de ce qu’on voit, perçoit ?

Voilà, il va falloir que je demeure attentive à ce qui se passe autour de moi.

 

Il y avait encore une géographie de traverse pour peu qu’on lise les cartes,
que l’on accepte le détour et force les passages.
Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme,
épargnée par l’aménagement qui est la pollution du mystère.
Une campagne du silence, du sorbier et de
la chouette effraie.
– Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson

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