Elle est bleue. Elle est verte. Elle a la couleur des champs moissonnés. Jaune paille.

Nous avons beaucoup sillonné sa ruralité. Sous la pluie comme sous le soleil. De jolies maisons fleuries, embellies qui respirent les rires. D’autres où le bazar s’amoncelle dehors (dedans aussi peut-être), où les façades se craquellent… Des hameaux, des villages où le notaire ou l’agence immobilière appose son triste panneau A VENDRE.

Dans la Nièvre où nous avons choisi de nous ancrer, notre havre est un hameau où chaque année au printemps les panneaux, sur les mêmes maisons? fleurissent comme une fleur (trop) persistante. Certaines finissent par se vendre mais il en reste encore beaucoup d’autres qui ne font plus ni le bonheur des propriétaires, ni celui de leurs héritiers.

Quand on voit tant de mal logés en ville ou en périphérie, je me désole de voir toutes ces maisons vides, ces villages désolés… mais ici plus de travail. Entre ceux qui s’échinent et qui mettent la clé sous la porte après avoir payé leurs charges, ou ceux qui se tuent à la tache agricole… pas facile de réinventer sa vie, un village.

Et pourtant quelques irréductibles y parviennent. On le voit, les volets des maisons changent alors de couleur, la végétation fleuri, moins fouillis.
Alors on se croit à espérer que la classe unique devienne deux, que les enfants jouent à nouveau au foot dans les ruelles, qu’on se salue en allant prendre son café/son ballon au bar du village. Celui qui tient malgré les tempêtes, alors même qu’avant il y en avait au moins trois. Chacun le sien.

Eh oui chacun son havre, un refuge sûr et tranquille.

Et le vôtre quel est-il ? Où est-il ?
Quelle forme a-t-il ?
Depuis quand l’avez-vous trouvé.

 

Il existe un havre où l’on peut toujours savourer une relation authentique :
le coin du feu chez un ami auprès duquel on peut se défaire de ses petites vanités
et trouver chaleur et compréhension.
– Kressmann Taylor.

Merci pour vos partages 🙂
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